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samedi 26 novembre 2011

Comme un chomeur foutu dans un film de Ken Loach.


L'homme grand et médiatique me veut une nuit sur la Côte d'Azur en bas blancs. 10 heures pour lui offrir ce plaisir Nouvelle vague, ça me donne le vague à l'âme. J'ai toujours pas dit oui.

Hier le régulier me disait via texto qu'il n'était pas un chien alors je le remerciai.
Sans doute pour enfin avoir le temps de réécrire ici.
La solitude me plaît, elle est si chic quand elle est choix.

Je n'aime pas mon travail, je n'aime pas mes lunettes et je n'aime pas avoir des amis : tout ça me fatigue.
Aussi, le 20 décembre prochain, vais-je me faire opérer des yeux. Ma mère toxique m'a demandé de profiter de la vie avant l'opération. J'encule ma mère.

J'ai touché une somme rondelette grâce à la mort du père de mon géniteur qui m'a lui même offert l'iPad 2, je vais à l'ile Maurice en février, j'ai acheté des chaussures Karine Arabian et j'ai une femme de ménage.

Et pourtant, pourtant, je n'aime que moi.

mercredi 9 novembre 2011

Mad Mel

Mon psy m'a dit que je souffrais de mélancolie.
En effet, tout état de bonheur m'est tellement violent que j'ai fait le choix de sombrer dans l'immobilisme, la tristesse et le sommeil. Le soir, je m'endors à 21 heures et ordonne à mon amoureux de dormir sur le canapé-lit, il n'a pas le droit de me faire l'amour, ni d'exister d'ailleurs.
Son amour pour moi m'est insupportable.

J'ai connu l'Amour il y a huit ans et j'ai tout foutu en l'air parce que ce dernier me remuait trop. Pourtant, c'est tout ce qui me manque aujourd'hui.

Ce qui me console et me désole tout à la fois, c'est que mon amoureux n'y est pour rien : mes copines le trouvent intelligent, dynamique, équilibrant mais je ne m'autorise qu'à voir en lui cet amas de bons sentiments dégueulasses qu'il ose éprouver à l'égard d'une fille que même sa mère n'a su aimer. Je ne veux pourtant pas qu'il prenne son indépendance car je mourrais à l'idée de le savoir plus heureux avec d'autres que moi.
De la jalousie? Même pas. La peur du vide. Je me dis exceptionnelle et ce n'est pas faux mais mon exceptionnalité réside dans ma passion. Que je tue.

Il faut que j'ai des activités paraît-il, que nous sortions en groupe aussi. Mais l'homme grand est médiatique a pris la place de toute vie extraconjugale, j'en ai décidé ainsi.
Parce que cette peur. Parce que cette exceptionalité me bouffe. Je susi en train de pleurer là, ça me fait tant de bien de vous l'écire.

Je vais demander à mon amoureux de prendre un appartement pour que le jouet usé que j'en ai fait se transforme en Lui. Je veux être assez courageuse pour accepter que malgré une vie bien remplie sans moi, il me veuille et non plus que je lui sois indispensable.
Je ne veux plus qu'il demeure mon meilleur ami, mon sac à main, mon scooter et mes parents. Je veux être heureuse et pourtant toujours moi. Avant, j'y arrivais. Je me couchais comme une ouf déglingos à 23 heures et à 6 heures du matin, j'étais en forme. J'aimais faire l'amour, rigoler. Je ne me sentais pas obligée de me taper tout Mad Men pour combler le vide, oublier son vit.

Je vais googeliser mélancolie et je vous jure que ça ira mieux.

lundi 7 novembre 2011

Dans le métro, je deviens fasciste, à Levallois, je deviens communiste. Vite un homme que je devienne femme.


L'homme grand et médiatique passe à la tv un peu plus qu'avant et ses textos s'évaporent.

Hier, devant mon Régulier, je pleurai son éloignement.
Je ne peux plus concevoir un amour sans infidélité, peut être parce que je ne peux plus concevoir qu'un amour et non plus l'Amour.
Je suis une Barbara. Une Barbara Gode.

Mon Régulier m'obéit, il me dit que j'ai beaucoup d'applomb et qu'il ne peut qu'applaudir. Je voudrais qu'il me fasse du mâle, je l'aimerais d'amour s'il en était capable.

Je suis triste vous savez.
Je vais avoir une fille bientôt c'est décidé, parce que je sais que je n'aurai plus grand Amour ailleurs. Ma fille deviendra pute à 13 ans et ça me fera des trucs à raconter sur facebook. J'aurai plein de pouces levés, qu'y aura t-il de plus important qu'une pute de fille et une moche de vie sur facebook?

Anaïs se marie en septembre et moi jamais.

Je veux devenir écrivain.

mercredi 2 novembre 2011

Plus blonde la vie.


J'ai des mèches blondes et des ongles rouges pour plaire à mon amoureux avec qui j'accepte de faire l'amour une fois par semaine. Pour qu'il continue à me dire que mes mèches et mon vernis sont beaux et que ça continue à me donner envie de lui faire l'amour une fois par semaine.

Nous revenons d'Amsterdam lui et moi.
Chaque soir, je m'endormais à 22 heures en me disant que l'amour, c'était pas assez.
Je n'ai donné nulle nouvelle à l'homme grand et médiatique parce que là c'eut été trop.

Mais quand j'achète de la lingerie, je veille toujours à ce qu'elle lui plaise même si sur moi, il ne la verra peut être pas. Et je mets des collants aussi parce qu'il aime ça. Je suis avec un mec qui aime les bas et les soutifs en jeans et je mets des collants et des soutifs transparents et pourtant c'est moi qui refuse de faire l'amour.

J'ai relooké mon régulier intégralement et je rêve de roucouler avec mon amant.

30 (+2) ans.

mardi 7 septembre 2010

Moins belle la vie

Il y a plus de trois ans, je sortais avec Michaël-le-blond-banlieusard parce que David, son meilleur ami ne m'aimait que platoniquement.

Ce soir, c'est ce blond-banlieusard que j'aime et que je pleure parce que nous n'arrivons plus à communiquer.

Je suis tombée amoureuse de tout ce que je haïssais chez l’autre (foot, bière, potes, immaturité, machisme, années 80 et j’en passe) et je me hais aujourd’hui d’avoir eu pitié de lui au début et cru à son amour.

Je vais tenter d’être plus concrète : Ce garçon m’a tellement harcelée au début, il a tellement pleuré devant ma porte pour avoir la chance de m’apercevoir le virer de chez moi parce que «t’es trop moche pour moi», il m’a tellement émue, j’avais tellement besoin d’amour qu’au bout de pas longtemps du tout, je l’ai aimé Michaël.

Je campais son trophée et je commençais à m’aimer, j’avais moins besoin du regard des autres, son miroir était si magnifiquement déformant.
Je l’ai relooké, je lui ai appris à lire, à écouter de la musique, à me lécher puis je n’ai plus pu le lâcher.

Il était mon Facebook, mon mac, mon iPhone 4, mon sac poubelle, Michaël.

Je n’étais même plus sensible à cet amas de beaux qui se rêvaient à sa place, je commençais même à le trouver beau et j’aimais sa peau encore plus que mes seins ne sont beaux.
J’en avais fait un amant redoutable, un connard au plumard, un bébé dans l’intimité.

Il était tout mais pour lui, c’était tôt.

L’été arrivant, il a commencé à vouloir plus voir ses «potes pour faire la teuf» et comme je m’aime aussi peu que la grève des retraites fût utile aujourd’hui, j’ai cru qu’il m’aimait moins. Alors, j’ai ajouté de la distance à celle qu’il avait déjà installée, pour me punir de l’aimer.

Pendant un mois, j’ai pleuré chaque jour des heures durant, devant lui souvent. J’ai tenté de le quitter mais il revenait en pleurant à chaque fois, m’affublant de t’es la femme de ma vie.
Nous n’avons pas dormi ensemble depuis un mois, nous nous sommes insultés, tapés.
Hier, il m’a annoncé qu’il voulait fêter son anniversaire avec ses potes et que je n’étais pas invitée. Je lui ai demandé de partir de chez moi.
Il m’a voulu, il m’a eue.
Je le voulais, je le hais.

mardi 27 octobre 2009

Je crois qu'il doit rester une demi pizza quelque part

Notre corps, c'est de la flotte, si on ne le bouge pas, il pourrit.

C’est ce que mon ostéopathe m’a dit hier, étonné de constater à quel point j’étais incapable de me relâcher quand il tentait d’apaiser mon terrible mal de dos, triste pour moi en m’imaginant ne jamais lâcher prise.
Faire des manies, tout le temps, pour tout.

Ca fait longtemps, nous. Je suis presque intimidée de revenir ici, sans valise, ni sac de couchage, mais seulement munie d’un attaché case moisissant…

J’ai presque honte de me rendre compte qu’à l’instant même, c’est de boulot que j’allais vous parler. Alors je ne le fais pas. Parlons du vide, plutôt, mais parlons-en vite.

Petit inventaire de mon bestiaire amoureux depuis juin dernier : (c’est l’ostéopathe qui m’a conseillé de remettre mes pendules à l’heure)
En juillet, j’ai couché avec un garçon qui voulait que je lui lèche le fion. Ca pourrait être moche mais comme ça rime, vous ne pouviez passer à côté. Lui, si, il est passé à côté de moi. Dégueu, il était.
Au mois d’août, j’ai failli tomber amoureuse d’un petit gros compensant son habillage ingrat/gras par un humour et une gentillesse à rendre amoureuse une aveugle. Mais mon regard Rayon X ne l’a pas loupé. Ou si, peut-être. De toutes façons, il embrassait mal.

En septembre, je l’ai revu, lui, celui dont je pourrais bouffer la peau, arracher les cheveux, faire cuire la langue, le seul qui a le droit de me porter, de m’emporter, celui dont je peux, dés le matin goûter la peau, sentir le souffle, celui qui me fait tellement mal parce que celui qui fait le plus mâle : Oui, j’ai revu le marin.

Pendant un week-end, nous sommes restés à l’abri de la lumière, enfermés chez moi, à se consommer, à se consumer. Je l’ai regardé m’aimer, il m’a regardé mémé.
Après ce week-end, hormis quelques textos, rien.
Il ne faut jamais allumer la lumière.

Je ne suis amoureuse de personne, je couche de temps à autre avec un mec casé qui jamais ne se soucie de moi hors cabriole. Je ne coucherai plus avec ce mec casé, tiens.

Je n’ai plus envie d’avoir à rallumer la lumière, je veux juste jamais ne la quitter des yeux.

samedi 6 juin 2009

Peur

Je me suis habituée à mes concombres au yaourt quotidiens, à l'étalage vulgaire d'un personnage imperturbable sur facebook, à la propreté de mon appart' et à un lit que je peux investir entièrement.
Je me suis habituée à refuser la nouveauté, l'élégance et le mystère des débuts d'histoire.

Aussi, c'est avec mes ex que je recouche.
Bien entendu, je leur demande de ne pas rester dormir pour éviter le lendemain matin tristesse d'un petit déjeuner où seule la faim pour les croissants m'anime.

J’ai fêté mes 30 ans avec le flegme et la légèreté de celle que je ne suis que lorsqu’il le faut. C’était bien. Mon meilleur anniversaire, peut-être.

J’ai fini la soirée avec un garçon beau et précieux de 21 ans que j’ai congédié à 3 heures du mat’, constatant qu’il prenait bien trop de plaisir à de simples caresses, pourtant juste techniques.

Il est beau mais a à peine mué et des études d’ingénieur, franchement…

Samedi dernier, alors que j’attendais mon bus au fameux arrêt de ma rue situé en face d’un bar où j’échange depuis des années de tendres œillades avec le beau barman, ce dernier est sorti de son bar et m’a tendu son numéro, en l’accompagnant d’un vouvoiement tellement pas facebook, tellement pas meetic, tellement pas adopteunmec.conne, tellement doux, tellement ado, tellement raté,tellement gêné. Tellement tout ça qu'à ce simple contact, un sourire immense est venu se greffer à mon visage pendant 3 jours.

Il est reparti en courant dans son bar et j’ai crié :
« Enchantée ! On peut se tutoyer »

Ce garçon, je le croise depuis des années, partout. A la boulangerie, au supermarché, au café du coin. Chaque fois, il m’a regardée, chaque fois, je l’ai regardé. Et ce n’était même pas par retour.

Je n’ose le revoir et invente toujours une vie VIP quand il me propose, au beau milieu de la nuit, d’aller boire un verre.


Parce que si avec lui, ça ne commence jamais, ça ne finira jamais.


30 ans, pourtant.

mercredi 8 avril 2009

Dominatriste

L’homme tout petit, c’est au travers d’amis communs que j’ai été amenée à le rencontrer. Traduction : via facebook.
Il habitait mon quartier donc forcément, un jour, je l’ai croisé, il m’a alpaguée, parlé et a trouvé mes seins à son goût, c'est ce dont son sms du soir même témoignait.

Le lendemain,lui trouvant un potentiel presque sexuel, je l’invitais à dormir chez moi,juste pour dormir, j'insistais énormément sur ce terme. Peut-être pour faire monter la pression.
Enfin.

Au bout d’une semaine, il me disait qu’il m’aimait.
Et une semaine après, il apprenait qu’il était atteint d’un cancer de la langue.

Nous n’avons jamais fait l’amour. Je l’aurais probablement quitté si sa santé ne le faisait pas déjà à ma place ( car trop petit, trop fillette, une copine géniale mais bon, mes copines, c'est traître de les remplacer de la sorte).

En septembre, il sera complètement guéri. C’est une putain de bonne nouvelle.
En septembre, possible aussi que mon hymen se soit recréé.

A part ça, tout va plus que bien.

Et le pire, c’est que c’est vrai.


EDIT, à 20h03:
En vrai de vrai,ça va pas. Je pense à "Jeanne et le garçon formidable", j'écoute Mano Solo en mangeant des chips à la moutarde tout en traînant sur des forums sur les effets secondaires de la chimio.
Et tu sais quoi? Je pleure comme une gosse. Je pleure d'avoir rencontré ce garçon à l'aube de mes trente ans, je pleure d'être incapable d'accepter, tant qu'il ne guérira pas-et peut-être après même, qui sait?-de me faire par un autre, ne serait ce que masser. Je pleure de n'avoir fantasmé sur son physique à lui et de m'y être malgré tout un peu amourachée. Par défaut? Pour la BA de ma vie? Parce que j'en avais marre des posters? Parce que les connards sont devenus ringards?
Je pleure parce que je ne le verrai pas avant longtemps, parce que plus jamais on ne boira de champagne en fumant des clopes, je pleure parce que je ne serai jamais fière de me balader avec lui dans la rue, je pleure de penser ce que j'écris, je pleure d'oser encore penser à Ma Gueule,je pleure parce que jamais il ne me protègera. Je pleure parce que le bonhomme, faudra que ce soit moi.
Mais, merde, je suis pas un pd!

dimanche 8 février 2009

Je voudrais seulement dormir...

Giovanni vient de frapper à ma porte. Pendant 20 minutes. Il savait que j'étais chez moi: de ma cour d'immeuble, on devine ma lumière.

Je ne lui ai pas ouvert juste parce que je n'ai pas mis mes lentilles de contact et parce que j'ai mes règles.

Pourtant cette nuit, nous dormions nus. Ensemble.
Après avoir dansé sur la musique de Rabbi Jacob et pogotté sur Rage against.
Après qu'il m'a dit qu'il était sûr que jamais de ma vie, je n'avais pleuré. (Alors que même devant un épisode de friends, je suis capable de me salir les lunettes, à l'instant aussi, d'ailleurs)

Après nous être regardés 10 minutes dans la glace jusqu'à ce qu'il me fasse avouer, que oui, on était beaux ensemble.(et après?)
Hier soir, je n'avais ni lentilles, ni règles.

Je rêve de dormir avec un garçon.

Juste dormir.

lundi 1 décembre 2008

Marre, hein

Il m’a dit que j’étais belle en nuisette et que je baisais comme une déesse.
Je lui ai dit qu’il me manquait et que nos échanges allaient me laisser un goût a-mer.
Jamais on ne m'avait tant embrassée et jamais je n'avais pris à ce point conscience de ce dangereux appât qu'est mon corps si mal assorti à ce minuteur bas de gamme qu'est mon coeur.

Il est parti ce matin en m’appelant son ptit cœur.

Hier, lorsque je l’ai accusé de ne penser qu’à me faire prendre chair, il m’a répondu que c’est moi qui l’avait rendu ainsi, qu’il était certain que je pouvais transformer quelconque mec « bien » en queutard connard.
Qu’il était obligé d’être comme ça.
Puisque selon lui, je l’étais, puissance dix.

Et encore cette chanson en let motif : « petite pétasse qui montre rien en surface »

Le plus glauque dans tout ça, c’est que mes accusations ont pu se vérifier quand ce matin, j’ai découvert dans la trousse de toilette qu’il avait, ô débutant, oublié chez moi, une crème anti-mycose assortie d'un savon spécial parties intimes.

Et si j’allais me faire vomir ?


Edit, 15h58 : Je l'ai eu au téléphone. C'était une mycose des pieds.
Envie de vomir, ça ne change rien.

samedi 29 novembre 2008

Pire que le balai : le mât dans le cul

Toujours avant d'écrire, ce sempiternel rituel : celui du vide.
Plus de téléphone, pas de fenêtre msn, le lecteur windows média en suspens.
Plus de fenêtre facebook par trop aguicheuse.
Rien.

C'est justement pour ça que je me montre si discrète ces derniers temps : parce que ce vide, je le fuis.
Faut dire qu'il me suit sacrément ce con.

Mes statuts Facebook, bien trop régulièrement remis à jour, à heure presque, ont remplacé trop de maux enchaînes ici.
J’ai peut-être trop de mal avec les connecteurs logiques.
Ouais ,c'est ça. Juste ça.
Je les touche à pleines mains mes petits problèmes de fond : ces petits mathématiciens de connecteurs logiques.

Pourtant, il en est un con-necteur qui me fait revenir à vous : le marin.
Connecteur illogique de ma logique pathétique, celle des maux de tête, de gorge et de cœur aussi, si ce soir, j’accepte de le revoir.

Il est à Paris, le con.

Il s’était pourtant juré depuis avril, de ne jamais tenter de chercher de nouveau sous les bitumes cette plage littéraire que seuls les « prouteux » comme moi aiment à en crever.
Et depuis le 14 juin, je m’étais jurée de ne plus le revoir. Parce que son océan était impraticable. Ni plus, ni moins.

Comme par peur de ce moment où, quand je recoucherai avec lui, il me sera indispensable de lui faire l’article de tous ceux qui depuis lui, ont maladroitement fait grincer mon lit, pourtant flambant neuf.
Peur que sa façon de m’embrasser ne trahisse plus qu’une mécanique pas assez fluide pour qu’entre lui et moi, ça coule de source.

Le marin n’est qu’une tête pleine d’eau robinet derrière la tête et je ne sais que trop l’issue de notre rencontre ce week-end : le démâtage.
A la fois, un mât, c’est sacrément encombrant.

Prendre chair avec lui,tout au plus, parce qu’entre nous, que peut-il m’offrir d’autre ?

Ah , ce vide, je ne le supporte pas. Je viens de rallumer mon téléphone. J’attends le bip bip, son bip bip.

Pourquoi, alors que je le méprise plus que quiconque, je le maîtrise encore moins que moi-même ?

Pas de bip...

Giovanni vient me voir toutes les deux semaines, je ne ressens rien dans ses bras,l'impression d'être sa boîte à musique si, ou peut-être quelques boums et bangs quand il m’embrasse après avoir pris le soin de choisir la partie « blues » de ma playlist. Et que pauvre de lui, il tombe sur "la mélodie du bonheur" chantée par Biolay.
Seule la dérision me fait sourire.
Le mécanisme me débecquette.

D’où l’éternel absence des connecteurs logiques d’une existence d’un mètre 79.

samedi 15 novembre 2008

mouaif

Ma maman vient de m'appeler pour me dire de mettre mon bouquet de roses, fraîchement offert dans ma salle de bain, la nuit.

Le garçon avec qui j'ai partagé l'apéro tout-à-l'heure m'a proposé de partir prochainement en week-end à Amsterdam pour qu'on s'échange les alliances puisqu'on est déjà mariés sur Facebook depuis une semaine. A noël, il m'emmènera en Thaïlande sur l'"une des dix plus belles plages du monde".

J'ai encore 29 ans : Je peux encore dire non.

Il est pas mal ce mari,chef de pub, minet, un peu rond peut-être mais sarcastique et prétentieux à souhait, comme j'aime.

Comme j'aimerais être.

Et ce, pour de vrai.


Je ne suis pas des plus joisses ces derniers temps : trop de Facebook, du sexe mensuel, même pas hygiénique. La peur des rendez-vous, l'angoisse de n'être aussi cool que le sont les débuts de relation.

Des casseroles pleines de peau de lait du marin et de Giovanni pas assez derrière moi, encore.

Putain, merde, fait chier.

dimanche 12 octobre 2008

J'ai mâle


Un pull V et une chemise bien repassée.
Un jean et des chaussures en cuir bien cirées.
Des cheveux gominés.

Mais : sa veste en vieux cuir en toutes saisons et sa brosse à dents, toujours dans sa poche.
Quand je lui dis que le coup de la brosse à dents, ça ne rassure en rien la régulière potentielle que je suis, il me demande si je préfère qu'il soit fiable ou qu'il pue de la gueule.
Et moi, de lui répondre : "Pour le peu qu'on s'embrasse..."

Vendredi soir, je voyais G.
Comme avant, une bouteille de vodka partagée entre son pote, lui et moi, agrémentée de 5 bières par personne en guise d'amuse-gueule.

La tournée des bars abbessois puis chez moi, le tournant.

Pour que son copain s'en aille, G. se met dans mon lit, en caleçon et mime le mâle ronflant. Le docile ami s'en va, laissant face à face deux monstres écumant de chaleur.

G. me déshabille et me met à terre, devant mon miroir pieds (acheté la semaine dernière à l'autre bout de Paris et trimballé dans les transports pendant une heure, coupable potentiel d'un actuel intense mal de dos), il me tire les cheveux très fort, comme pour me punir de paraître en surface, si angélique.
Nous sommes vraiment bien imbibés.

Il m'oblige à me regarder dans le miroir quand il me fait "l'amour", et moi de refuser en m'expliquant : "Mais je suis timiiiiidee!", et lui de s'exciter d'autant plus, allant jusqu'à m'ouvrir les yeux, un peu comme dans "Orange mécanique".

Une heure de lutte que je nomme encore "faire l'amour" pour tenter d'aspirer à une certaine moralité.

L'espace d'un instant, j'ai ouvert les yeux, je me suis trouvée ridicule, avec sa main maintenant en l'air une mèche de mes cheveux. Une Punky Brewster, Mary à tous prix du sexe, un peu, mêlée à une O. au bord de la scène finale.

Le lendemain, G. est resté jusqu'à 15 heures 30, traînant son armure du lit à la fenêtre puis du lit au fauteuil mais pas du lit au lit.

Un souvenir musical de cet hier matin : la reprise par Noir Désir de "ces gens là" qui pour la première fois, me fait pleurer car dans les yeux de G., je ne me sens plus "Frida, qui est belle comme un soleil, et qui m'aime pareil, que moi j'aime Frida, même qu'elle me dit tout bas qu'on aura une maison avec des tas de fenêtres, avec presque pas de murs, et qu'on vivra dedans, et qu'il fera bon y être, et que si c'est pas sûr, c'est quand-même peut-être"

Non, je ne me sens plus Frida, le "peut-être", tout au plus.

Il a réparé mon ordinateur, fait le ménage, m'a fait à déjeuner et quand je lui ai demandé si on était ensemble il m'a répondu qu'il s'était coltiné, 4 années durant une "bourgeoise pouffe", alors que l'engagement, tout ça...

Il y a dix ans, lorsqu'on était amoureux, comme s'aiment les enfants, il m'avait fait mal toute une nuit, un peu comme cette nuit. Le lendemain, il s'était effondré et avait émis l'éventualité de me quitter si ça continuait ainsi, j'avais pleuré et lui de m'affirmer, le plus sincèrement du monde :
"Tu ne comprends pas que ça veut dire que je t'aime, ça".
Et nous nous étions vraiment aimés.
Enfin, nous avions mimé l'amour, comme les enfants de 5 ans, et nous avions vraiment été bons acteurs.

Bonne actrice, je le suis restée : G. ne saura en effet jamais à quel point il m'a fait mal hier. Jamais.

Je ne suis plus une enfant, maintenant, les enfants, je les dresse et les oblige, bien trop tôt à devenir adultes.
Fort possible qu'il y a dix ans, c'est moi qui ai changé G.
Fort possible de fait qu'il ne faille plus que je le revois G.


Au fait, il s'appelle Giovanni.

mercredi 8 octobre 2008

Prénatal





Depuis que j'ai pris dans mes bras le bébé de mon amie, je réponds au marin lorsqu'il m'appelle.

Sur mon portable, j'ai troqué son nom de famille contre son prénom et son nom.

Je lui ai même dit hier que je n'avais pas aimé depuis lui.



Quand bien même cela est tristement vrai, le vide de mon existence ne me fera pas flancher, même si sa bouche est plus belle que n'importe laquelle des bouches ayant osé se perdre, pour moi, dans un "Je t'aime" illusoire.

dimanche 5 octobre 2008

Pensée du soir

Le bonheur c'est de retrouver son Ipod qu'on croyait perdu pendant une petite demi-heure.

Je suis contente d'avoir perdu mon Ipod ce soir.
Et heureusement que je l'ai retrouvée.

Au moins, le week-end se finit bien.


A part ça, une de mes meilleures amies vient d'accoucher et son mec est en prison.
Aussi, comment te parler de mon carré plongeant là maintenant, tout-de-suite?

J'espère, demain, perdre et retrouver mes clés.

samedi 20 septembre 2008

Le marché des amants


Plus de PQ à la maison, je me torche au sopalin.

Plutôt me laisser mourir que d'arborer la rue des Martyrs, toute affaiblie par mon rhume que je suis. Je n'oserai plus être môche dans mon quartier tant les gens s'y embellissent ces derniers temps.

Mercredi soir, avec G., j'ai dormi nue.

Je paie et renonce à des invitations des plus intéressées ce soir.

C'est marrant, le lendemain de cette nuit G, quand je suis rentrée, j'ai trouvé ma vaisselle faite par ses soins, il avait même lavé le verre de moutarde qu'il avait finie le soir, en y trempant goulûment des morceaux de gruyère, il m'avait affirmé que c'était très belge cette habitude.

Est-ce belge aussi d'avoir mis sur ma table de nuit, bien en évidence, une photo individuelle d'école de CP de moi toute sourire, belle et scolaire?

Est-ce belge de me demander lors de notre première série d'ébats si j'ai du lubrifiant "au cas où"?

G. n'est pas belge. Rien de tout ça ne l'est.
Si : le gruyère à la moutarde, admettons.

Manger des frites, boire de la bière et aller tantôt avec un autre, une fois, au ciné, ça l'est.

Toute parisienne que je suis, j'ai mal.

G. a voulu me revoir le lendemain soir pour dormir à mes côtés. Mais j'ai eu envie de m'aimer plus que lui, m'abandonnant à une nuit qui me veut du bien.

G. n'a jamais joui qu'avec moi. Il me l'a redit mercredi soir, comme il y a dix ans.
Et pourtant...

Je ne sais si ma déprime post G. a entraîné mon rhume ou si c'est celui ci qui a entraîné ma déprime post coïtum.

J'ai relu mes journaux intimes d'ado cet après-midi, entre deux passages du dernier Christine Angot.
Un peu pareils finalement.

En effet, toutes deux victimes d'une image froide et incendiaire donnée, malgré nous, à ceux qu'on veut juste aimer.

Comment attirer alors autres que des pervers polymorphes, juste avides de nous faire taire avec leur mât?
Et comment être attirées par des mecs juste bien puisque c'est tout ce que nous tentons de cacher en nous?

Mes amis mecs me conseillent de mentir à mes proies, de ne point leur narrer ma vie d'avant eux, de jouer la princesse, de ne pas donner tout tout de suite.

Tout ça relève du paradoxe : de moi, je ne donne rien puisque ma sensibilité sommeille dans leurs bras. Je joue justement. Je ne donne rien et pourtant je donne trop.


Et en dessous le rien, qu'y a t-il?
Juste moi?
Peut-être.


Allez, je vais finir "le marché des amants".

dimanche 31 août 2008

C'est la rentrée.

Je viens d’envoyer à mon marin une lettre lui demandant de réfréner toute tentative de communication à mon égard.

En effet, celui que j’aime encore m’appelle chaque jour lorsqu’il ouvre les yeux, une fois, deux fois, trois fois, sans jamais laisser de message mais en me laissant moi, de plus en plus faible quant à ma résistance si superficielle.

Le soir, je regarde Californication et Hank me fait des clins d’œil quand la femme qu'il aime me rappelle à mon marin.

C’est la rentrée. Je vais me faire inspecter.

J’ai mal et j’ai peur.

Seule consolation : je connais le nom du bateau, il ne me reste donc qu'à trouver celui du capitaine.


(Et pendant qu’on y est, la voici la lettre :

« Pandi,

A chaque fois que tu tentes de me joindre et que je vois ton nom sur mon téléphone, ça me fait mal au coeur.

Mal parce que nous nous sommes quittés il y a déjà presque 3 mois pour des raisons évidentes,
mal parce que malgré mes attentes depuis cette rupture, tu n'as pas souhaité en combler la moindre,
mal parce que tu joues avec mes sentiments en m'affublant de :"Je t'aime, Panda" alors que comme tu le sais, le Panda que je suis est mort comme ses congénères,
mal parce que j'ai encore des sentiments pour toi,
et surtout mal d'avoir appris que tu t'étais déplacé il y a peu jusqu'à Paris pour des panneaux solaires alors que, depuis 4 mois, tu n'as même pas été foutu de le faire pour moi.

Mais voilà, il me faut aller de l'avant, me construire, être heureuse pour de faux pour croire l‘être pour de vrai.

De plus, cette année est placée sous le signe de l'inspection, donc du boulot, et je ne peux me permettre la moindre déconcentration.
Je sais que je ne pourrai venir te voir et tu sais que tu n'as nullement envie de venir, toi.

Tu as ta passion, la mer et à côté de ça, je ne représente hélas pas grand-chose si ce n‘est un lac de contrariétés.

Nous ne pourrons pas être amis puisque la cicatrice n'est pas refermée et que nous nous sommes aimés. (je me plais à croire en effet, que toi aussi, tu m'as aimée).

Il faut que tu me laisses puisque tu es conscient que jamais tu ne pourras faire fi de ton grief envers la ville, Ma ville.

Quant à moi, je me suis donnée 7 mois durant à toi corps et âme mais je ne peux en faire plus, l'amour étant un échange, un partage.

Je te souhaite de continuer à t'épanouir dans ce que tu aimes vraiment.

Sincèrement,


Panda. »
)

mercredi 27 août 2008

Des vacances sans conséquence

Lorsque Vincent a payé l'addition, je me suis presque sentie coupable de n'avoir, quelques semaines avant, mesuré les conséquences de mes seules lèvres posées sur les siennes il y a quelques semaines : des effets sur son corps et pire : sur son coeur.


Vincent s'est ouvert à moi ce soir, plus franc et poignant que n'importe lequel des saisonniers mentionnés ici depuis le début de mon été.

J'ai quitté Vincent ce soir parce que Vincent a les pieds rentrés et le coeur bien trop ouvert.

La parenthèse enchantée de cet été trop beau pour être réel se referme, me replongeant dés lors dans un monde certainement trop réel pour être beau.

jeudi 21 août 2008

La Mel et les abeilles


(Marseille, plage du Prado, il y a 2 jours.)



Mes lunettes sont sales autant que mes idées brouillées.
Le 13 août, parée de lentilles, tout était alors presque clair...

Mon bronzage est à son comble, mon décolleté n'affiche néanmoins pas les mêmes promesses que l'année passée puisque je ne prends plus la pilule depuis que je collectionne les mâles sans garantie.

Vincent m'envoie de longues lettres adulescentes alors que son visage est marqué par un mal de vivre digne d'un quinqua, il croit me gâter par des textos même pas inclus dans son forfait de pauvre, et un MMS de sa tête me fait tout, sauf rêver.

Depuis Vincent, il faut dire que G., l'homme parfait, m'a dit que son amour pour moi était plus fort que la poussière.

Le petit musclé s'est manifesté et veut que je lui fasse une dictée.

Quant à mon marin, il me téléphone à nouveau, m'affirmant que pour lui, rien n'est fini.
Ses "Je t'aime, mon panda" ne sont à mes oreilles plus que maux.

Juste le voir pour vouloir encore y croire.

Je lui demande alors de venir à Paris et lui de se refuser à cette corvée puisque c'est moi, "l'enseignante planquée", qui me targue de cette insolence d'être encore en vacances.


Le marin est aussi égoïste que moi indécise quant à mes amours.

Je suis en effet de plus en plus consciente que l'Amour, dans tout ce cortège rampant, demeure l'éternel absent.

mercredi 9 juillet 2008

Il faut panser ses pensées

"Adopteunmec.com" me déprime.

Julien me recontacte comme si de rien n'était alors que lundi dernier, je lui renvoyais via collissimo, toutes ses affaires.
Il a du les recevoir aujourd'hui.
J'y joins tout-de même une carte avec une citation à la con à laquelle je me rattache douloureusement, une citation promouvant le bienfait de l'absence dans les grandes passions et ses méfaits dans une passion médiocre.

En gros, il sait que je l'aime et que j'espère que tout s'arrangera.

Mais je suis naïve.

En effet, dans ce tout, il y a la distance dont nul n'est responsable, l'amour pour son bateau que je ne peux en rien détruire, sa gaminerie qui fait toute sa force d'attraction bizarrement.
Dans ce tout, il y a Paris et mes vacances en Corse, à Berlin puis dans le Sud-Ouest sans lui.
Ce tout inclut également ma rentrée en septembre et cette année d'inspection, son goût un peu trop accru pour la drogue, l'alcool, la mer et sa mère.

Ce tout est empli de son goût pour le jeu et du mien pour le je.

Ce tout ne représente pourtant à mes yeux ni plus ni moins que lui.

Il me fait rire et rêver contrairement à ces mecs fanés des sites de rencontres et tous ces ex, désireux de se faire sucer avec dextérité.
Désolée les gars, à vos queues, je préfère de loin les bananes...et les nem.
C'est dire...

Ma copine noire s'est mariée ce week-end, elle semblait stressée à la mairie mais le buffet était copieux, le château très à mon goût et les invités, rayonnants.
Un jour, je me marierai.
Et je ne serai pas noire.