vendredi 25 mai 2007

Tout et n'importe qui



C'était peu avant l'orage. Métro, ligne 2. Je monte à Charles de Gaulle Etoile.
La pression retombée suite à l'inspection (réussie) s'est muée en sueur.
Mes yeux accusent, eux, le choc de leurs derniers coups d'oeil proche du quart de siècle, puisque demain, ils flirteront avec la trentaine.
Ils pleurent.
Mes mains, qui pourtant en crèvent de désir, ne peuvent pas en tenir une autre, elles sont pleines de sacs, j'ai encore assouvi une pulsion de shopping après la classe, hmmm, c'était presque bon.

-Là, à l'instant précis où je t'écris,fidèle lecteur, l'orage tonne, comme j'ai envie d'écrire du tragique! Mes doigts hélas reçoivent des signaux d'un Marc Lévy ou d'un ALexandre Jardin...-

Je m'assieds. Sacs sur les genoux.
Seuls mes yeux, mi clos, appartiennent au décor funeste du métro parisien, un vendredi soir : c'est l'heure de pointe un poil plus tôt puisque les rtt des "autres" permettront peut-être à mesdames de s'offrir moult soins corporels ce soir, en côtoyant Mlle Yves Rocher, ou pire Madame Body-Minute.

Bref. Mes yeux dépassent juste de cet amas d'emballages.
Je les ouvre pour mitrailler le monde du vivant alentour.
Mi se trouve juste en face de moi.
Mi, oui, Mi, oui, lui : Mi!!!!!!!!!!

Celui qui m'a aimée 3 ans et demi durant, celui dont je ne caresse depuis 2 ans et demi plus que quelques photos. Celui qui me caresse au travers d'une vidéo (que je regarderais bien ce soir, tiens, avec l'orage, ce serait bien plus approprié que la rediff' de la Nouvelle Star...)
Celui à cause de qui je dépassionne toute ébauche d'Histoire.
Celui enfin qui me permet de savoir que je peux me permettre tout et n'importe qui.
Mais celui qui, à cause des ses yeux me contraint à le différencier, lui, du n'importe qui...

Nos yeux se trouvent. Ses yeux, bien trop grands, me happent. Je ne m'appartiens plus. Mes mots luttent pour ne pas tous cracher en même temps. Ils mentent presque tant ils protègent leur mère-pensée.
D'abord,ils l'assènent de "putain, toi".
Puis mes mots dansent autour du bonheur, de la liberté, de l'indépendance gagnée.
Mes mots font mal parfois, heureusement que parfois ils me font sourire jaune quand j'entends en eux ceux de l'Isabelle Alonso!

Mes mots restent drôles puis mes mots, lassés de n'être que mots, cessent, me laissant seule avec ses maux à lui :

Il est heureux, me murmure t-il. Impossible de se douter que j'aurai 28 ans demain, je semble en avoir tout juste 23. Je dois être une super maîtresse, il n'en a jamais douté. Toujours dans mon appart du 9ème?

Place de Clichy. L'heure est grave. Je sais que dans 3 stations, cette parenthèse s'auto-détruira.
Alors, mes mots rejaillissent, teintés cette fois de véritable maux.

Depuis lui, seul I. a concouru dans ma petite vie au rôle de "vrai bonhomme".
Les autres : des tafioles, des lâches, des narcissiques, des enfants ou des impuissants.

Depuis lui, jamais un regard ne m'a à la fois permis de danser à merveille et de rester, des nuits entières ivre de ce marron foncé qui me glaçait tout en m'enrobant.


Je lui dis que je ne l'aime pas, prétends peut-être ne jamais l'avoir aimée mais que son souvenir me tue.

Métro Anvers. Je me lève sans me retourner. Je m'apprête à ouvrir la porte. Il est derrière moi :

"Ma chérie, je veux que tu saches juste ça : depuis toi, les gens, les filles surtout, m'emmerdent. Ce soir heureusement, ils ont prévu de l'orage."


Je lui réponds juste :" Putain, merde".

Je sors du métro et laisse alors mon âme dériver au rythme de l'orage.

8 commentaires:

Hapax a dit…

…et peu à peu je m’indiffère… à cela il n’est rien à faire… Drôle de cadeau d’anniversaire… Putain/merde… oui… bon anniversaire par avance Miss.. et bonne soirée…

Ah ouais a dit…

il a des yeux de ouf ton Michou, presque des yeux de meuf. Respect!

schuey a dit…

magnifique comme un orage.

-M- a dit…

Quoi donc, Schuey?

limbo void a dit…

ça pourrait presque etre comme dans une comédie romantique hollywoodienne avec Drew Barrymore ou Jennifer Aniston cette scène. Mais je crois pas que le mec aurait eu une telle répartie. Chapeau !

est a dit…

belle histoire, pas possible que ca recommence?

Anonyme a dit…

Joyeux anniversaire Mél !!

Cleo

-M- a dit…

Est : Non.
Cléo : Merci!