jeudi 22 février 2007

Il était beau comme un enfant, fort comme un homme

Le schleu, peureux, n'osa se manifester après cette chute textoïque "brillante". Je le relançai donc à coup de :
"Ni texto, ni appel...Comment tu fais?"
Sa réponse fut aussi tiède que mes textos piquants, ponctuée par un à plus qui en dit bien plus long que l'intensité supposée de notre baiser.
Bref, heureusement que je l'ai pas baisé ce mec, la syncope aurait eu raison de cette grande âme néo-romantique!

Mais, comme Edith, non rien de rien, non je ne regrette rien. J'ai d'ailleurs vu "La môme" aujourd'hui avec Michaël qui rêve de devenir mon ami même si cette épreuve lui semble aussi dure que le concours des maîtresses l'est (il est maîtresse lui aussi).

C'est bien "la môme":pathos à souhait; j'ai pleuré quand les effets musicaux et scénaristiques me le commandaient, quand l'histoire d'amour entre Piaf et Marcel devenait par trop...amoureuse et surtout quand je regardais mon voisin et que je regrettais que ce ne fût "que" lui.
Film efficace, donc, allez-y avec ou sans votre Max, avec ou sans Pop Corn mais avec des mouchoirs si vous voulez pas vous saloper vos manches ou la douce épaule de votre voisin à force de vous moucher dedans!

Avant la môme, j'ai vu Matthieu, l'annonciateur de la réouverture de la chasse, favorable à sa légalisation même.
J'ai voulu- grâce à lui et avec lui- relancer la drague parisienne, celle qui donne du trémolo, des ressorts, du ressort.

Sur le quai du métro, un charmant jeune-homme, 19 ans peut-être, mais qu'importe le flacon...Il me regarde, Matthieu me le fait savoir. Dans le métro, il nous écoute, me regarde, nous écoute, se marre, nous écoute, a des yeux magnifiques c'est ouf : des yeux assez grands pour m'occuper un temps, ça ne se loupe pas, cours -M-, cours donc!

Je griffonne derechef mon numéro de téléphone sur un ticket de caisse, le ticket du café Prosper ( lieu dans lequel je suis tombée nez à nez quelques minutes auparavant avec Laure Olivier de "Sous le Soleil"!), j'y accole mon prénom et en dessous de mon numéro, cette anotation : "facile à retenir", ce qui est vrai.
Je me dis que je lui glisserai le papier magique avec toute l'evanescence qui me caractérise en sortant du métro.
Mais il sort avant moi.
Pas grave, je sors aussi, je le poursuis en courant et, spontanément :
"Excusez-moi, vous avez fait tomber quelque chose!".
Je lui tends aussitôt le papier, il s'esclaffe et me dit :
"Merci beaucoup".
Je retourne voir Matthieu qui loue mon courage, ma drôlerie en matière d'approche et cette situation me rend tout simplement heureuse.
C'est comme ça que moi je veux qu'on me drague (quand je serai prête).
Je me dis que jamais ce garçonnet ne me donnera signe et que de toutes façons, il paraît scandinave ou pire...allemand!
Mais pas le temps de faire le tour des pays du Nord, je reçois un texto: numéro que je ne connais pas...

"Merci! Je suis très flatté mais actuellement je suis avec quelqu'un à qui je tiens énormément et j'attends beaucoup de cette relation! Je suis donc désolé. Ps : Mon prénom, c'est Michaël"

Grand seigneur le Michaël, un autre Michaël, un autre qui ne m'aurait pas fait de mal.

L'espace d'un instant, je me suis sentie Dalida.

7 commentaires:

Pascal a dit…

Hahaaaaa encore une chouette histoire. Il m'était arrivé presque la même, au même age (a peu près). Elle m'avait glissé son numéro, son nom et "quand tu veux". Je me la suis raconté très longtemps... Ca arrivait pas tous les jours.
C'est comme ca que tu veux qu'on te drague... Que quelqu'un glisse téléphone + petit mot dans le sac. Et au moment ou tu déplies le papier, ou ton coeur fait boumboum comment tu sais qui était au bout du stylo ?
Y a 10 ans y avait pas de textos. putain c'est bien pratique ca aujourd'hui.
la bise, bonne chasse. Ne brise pas trop de coeurs.

Hapax a dit…

Magnifique oxymore qu’est la logique féminine :
- Je ne suis pas prête à être draguée pour autant je drague ;
- Foin de la tyrannie de l’apparence ! Sauf pour en mettre plein la vue.

Cela étant, à mon sens le mieux en matière de séduction et de culot n’est pas là où tu agis en réponse à un simple échange de regards avec un inconnu. Après tout, tu n’as rien à perdre, c’est maintenant ou jamais ; il est quand tu te mets à remuer ciel et terre pour retrouver celui qui t’as parlé une soirée entière, que tu as ainsi un peu découvert et… qui est parti sans coordonnées aucune.

-M- a dit…

Pascal : Biensûr que je veux voir l'identité du chasseur! Le chasseur masqué n'avançant qu'à moitié..
Ma première histoire a d'aileurs débuté un peu pareil : Sur la place de l'étoile, je marchais, un jeune-homme dans une voiture me suivait à la trace. Quand il ne pouvait plus rouler, il est sorti de sa voiture et m'a poursuivi en courant. Essouflé, devant moi, il m'a demandé mon numéro de téléphone, c'est moi qui ai préféré prendre le sien et nos coeurs ont fait boum boum 2 mois durant. Faut dire qu'il était beau, qu'il sentait bon le sable chaud. Car, c'est vrai ça, peu importe la technique car quand la personne nous plaît déjà : "Emballé, c'est pesé!"

Le garçonnet d'hier, donc, il m'a bel et bien vu, sinon, c'est vrai ça il ne m'aurait jamais envoyé ce texto.

Hapax : tu recherches cette fille qui t'a snobé, donc?

est a dit…

chouette histoire! quelle bravitude... ça m'en rappelle d'autres réalisées ou pas

Hapax a dit…

lol... si tu veux tout savoir i) je pensais la revoir à une autre soirée ii) soirée qui a eu lieu mais... sans moi (j'avais jusque là refusé toutes les invites précédentes de l'hôte du coup il a pas insisté sur celle-ci !) iii) donc que j'attendais encore iv) du coup elle a pris les choses en main et réussi à me retrouver. Bilan : trois ans.
Mais tu ne réponds pas sur l'oxymore...;-)

-M- a dit…

Hapax : prétendre que je ne veux pas me faire draguer relève de l'anti-phrase, si tu préfères! Mais en général, les dragueurs, bof bof...

Hapax a dit…

C'est ça qui est marrant... ton côté volens nolens comme disent les lettrés... Ca a l'air simple et compliqué de te séduire !