mardi 20 février 2007

Le schleu est peureux


"Une fois pris dans l'événement, les hommes ne s'en effraient plus. Seul l'inconnu épouvante les hommes"
Antoine de Saint-Exupéry

Et pourtant...


Mon nouveau titre bloguesque me colle parfaitement à la peau et à ma problématique avec les garçons du moins : la question de l'apparence.

En effet, celle-ci m'a encore joué des tours :
J'ai revu Max jeudi dernier, dans un bar cette fois ci, les cinés sans pop corn, sans coca et sans coup de pieds dans le siège n'éveillant en moi plus guère d'intérêt.
Je l'ai emmené dans mon bar-QG même, rien que ça...
C'était la première fois que l'on buvait ensemble et après chaque bière, Herr Schleu en recommandait une.

Au bout de 3/4 bières, j'ai commencé à faire mon ado, en lui disant (en allemand, bien sûr, comment aurais-je osé sinon?!) que son nom de famille collerait parfaitement à mon prénom, que c'était vraiment dommage voire triste qu'il reparte en Allemagne, que je l'avais dragué en début d'année parce qu'il me plaisait et pas mal de petites phrases de ce genre qui l'ont bien amusé car il ne savait pas si c'était de la saucisse ou de la bière , je soutenais son regard, lui affirmais que j'étais sérieuse et lui de m'avouer qu'il m'avait remarquée dès septembre avant même qu'il ne me fasse cours, dans les couloirs en train de parler RER avec une fille, il m'a même ressorti dans ses moindres détails cette conversation : ah, la rigueur germanique!

Bref, beaucoup de compliments de sa part s'en sont suivis, du genre "tu es sexy, drôle, très intelligente, c'est fou comme ils sont doux tes avant-bras, aucun poil dessus, et tes mollets, ils ont l'air super, et tes lèvres, elles sont belles, c'est drôle de se faire draguer à la française..."

Il m'a caressé les avant-bras le coquin, on a joué à se regarder le plus longtemps possible dans les yeux. Lui n'arrêtait pas de me dire "Je ne suis pas parti" quand je lui disais "Dommage que tu partes" ou " "Je n'habite qu'à 7h30 de Paris!". Quand on sait que pour moi, la banlieue de Michaël, à moins d'une heure de chez moi, m'apparaissait telle le Pérou...

Après 6 bières environ (depuis Michaël, pourtant, je m'étais jurée d'arrêter cette boisson, mais la blanche, c'est différent, hein..), on est sortis du bar et devant le métro Anvers, il m'a embrassée en me tenant l'écharpe, ce qui, je vous l'annonce Messieurs est une technique pas mal du tout.

Comme quelques jours après, Herr Schleu ne se manifestait point, Mlle la Parisienne lui envoya (innocemment) ce texto (en allemand, DIE prouesse!):

"Dommage que notre baiser ait semblé te faire si peur"
auquel le schleu répondit -en schleu- :

"L'intensité de notre baiser m'a vraiment quelque peu effrayé";
et les derniers mots de la Parisienne furent:

"La prochaine fois, je ne mettrai pas la langue"

Donc, en intro, je parlais d'apparence, j'y reviens un bref instant.
Max a eu peur de moi, de toutes ces effusions, de toute cette emprise qu'il a eu l'impression que j'avais sur lui pour la simple et bonne raison qu'en apparence, comme me l'a dit Steph by Steph tout-à-l'heure,je ressemble à Sigournay (ça s'écrit pas comme ça, je le sens!), dans "Working Girl" (c'eût été plus logique que je ressemble à M.Griffith mais bon..) : la fille sans faille, celle donc qu'on ne peut pas protéger. Et cela me rappelle à une conversation avec A. qui un jour, chez moi, m'avait brandi un des ces magasines féminins dont Charlotte G. aimait tant faire la couverture lors de la sortie de son album bobo -parce que je me demandais pourquoi cette fille faisait l'unanimité auprès des hommes- en me demandant :
"-C'est quoi la différence entre cette fille et toi?
-Bah, la fragilité" avais-je alors répondu
Bingo! Et la A. m'avait blablaté sur les avantages de se montrer vulnérable avec le mâle. Mouais.

Mais quand-même, ce schleu, faudrait que je lui demande s'il l'aime la Charlotte, tiens...

20 commentaires:

Staner a dit…

A Weaver ou à Griffith ?
Mais alors cet Allemand il était plutôt Ford ?

-M- a dit…

A Weaver. Mais, confidences pour confidences, je n'ai pas vu ce film. Qui est ce Ford?

Hapax a dit…

Une fille non vulnérable.. ? Dieu que ce doit être reposant... La dernière que j'ai connue est partie à Islamabad...

-M- a dit…

Hapax : Plus sérieusement, que penses-tu de cette histoire schleuse, toi?

Hapax a dit…

J'étais sérieux en plus (si cela te rassure elle s'est même trouvée un mari là bas)... ;-) Je t'avoue que je n'en pense pas grand chose, trop peu d'éléments en ma possession - notamment sur toi - pour savoir... dépend ce qu'il cherche... de qui il retrouve dimanche (va savoir !)... j'ai eu exactement le même problème avec une londonienne le mois dernier, mais justement ce qui nous a bloqués c'était l'impossibilité d'envisager quoi que ce soit : au moins on savait pourquoi... Mais sinon pour le conseil café du commerce, cf mon amie à Islamabad : ne change pas !

-M- a dit…

Si je ne change pas, Hapax, je ne continuerai qu'à attirer les maso ou les chiants qui vivent avec moi par procuration...

Hapax a dit…

Je crois qu'un des trucs qui me plaisent dans ton blog est que, justement, tu me rappelles ma meilleure amie ; sa problématique avec les mecs était pareille... de quoi faire peur (jolie, intelligente, indépendante, ayant beaucoup baroudé), du mal à s'attacher (dès que le mec était accroc, elle cassait ; s'il avait l'air détaché, elle s'accrochait)... et dans le coin le plus improbable de la planète, elle a trouvé un mec pour partager ses rèves... alors, tu sais, à partir de là... Mais tu attends quoi d'un mec, exactement ?

Staner a dit…

Harrison.
On y arrive !
Cahier des charges, contrat cadre, engagement qualité.
Le bonheur millimétré.

-M- a dit…

Hapax :-Merci pour tes compliments : cette leçon vaut bien un fromage sans doute ;-)
Je ne sais pas ce que Max cherche mais certainement pas moi au vu des circonctances textoesques fâcheuses.
-Ce que je recherche moi? On n'est pas sur meetic!!

Staner : T'as pas honte Jean-Luc D. de ramener ta fraise après avoir tripoté des hôtesses de l'air puis avoir mordu un stewart au sang! Non, mais je rêve!

Hapax a dit…

Ah, j'ai fait un compliment ? Désolé ! Ca a dû m'échapper... :o)
Yup', on est pas sur Meetic (ici, c'est pas payant !) mais c'est pas ce que je cherche sinon t'aurais déjà eu un mail, Miss (d'autant que je dois habiter à au moins 10' de chez toi... réfléchis, t'aurais tout à gagner)... Non, ma question est de savoir si au fond tu ne recherches pas chez les mecs non leur personnalité mais le reflet qu'ils te renvoient ? Cette question là ou une autre du même accabit... à laquelle d'ailleurs personne ne peut jamais répondre a priori sinon a posteriori (i.e. ah ben non en fait ça j'en voulais pas)...
suis pas sur d'être clair, non ? Fin de journée...

-M- a dit…

Hapax : je mentionnais Meetic car tu me demandais mes critères de sélection quant au choix du mâle et je m'imaginais avec le sourire te faire l'article d'une belle bagnole, au moins d'une Ferrari Testa Rossa, on s'entend!
Je ne recherche pas un miroir déformant, du moins, pas un miroir embellissant, c'est certain. Je cherche un vrai miroir, un de ceux capables de me montrer que parfois je ne suis qu'être humain et que j'ai du chemin. Mais mon miroir doit aussi être très drôle, très fantaisiste, très imprévisible, très beau, très quoi..
Cela paraît fou, un rêve bleu, je sais...

Hapax a dit…

Je ne parlais pas du chassis, on s'est bien compris ;-) / Me paraît pas si fou ton rêve : en bref, tu cherches quelqu'un qui cherchera juste à être lui même avec toi et que tu sois toi même avec lui... (plus le minimum syndical de sens de l'humour, de grain etc...)... je crois qu'il n'y a que ça qui fonctionne comme histoire (ou du moins c'est ce que je veux croire aussi!)... et n'est-ce pas ce que l'on appelle maturité ? Aller au delà de l'apparence, précisément...
Bonne journée !
PS : quand tu me trouves trop sentencieux, tu me le dis.

-M- a dit…

"Aller au-delà de l'apparence" : oui. Sauf si celle-ci s'avère sublime, n'est-ce pas...?

Hapax a dit…

Je vois davantage l'apparence comme un voile ténu, que déchire nécessairement la complexité de toute personnalité et les nécessaires ingrédients de la construction d'une relation... éblouissement éphémère...Reste, bien sûr, l'apparence en miroir déformant que le Mâle peut rechercher... mais... sérieux, si sublime que ça ? Je vais me lancer dans du meetic, fais gaffe ! ;-))

-M- a dit…

Même de dos, je ne t'ai point vu!
En ce qu'il concerne le schleu, la beauté de son apparence n'avait certainement d'égale que son incertitude car de lui, point de nouvelle depuis le texto de la langue :-(
C'était pourtant drôle.. M'enfin...

Staner a dit…

Oui mais la langue c'est justement ce qui sépare souvent les peuples.

Hapax a dit…

Je gagne pourtant à être connu... et pas que de dos !
Perso., ton échange de texto m'a éclaté... je me demande d'ailleurs ce que j'aurais répondu à une saillie pareille.
Pour Max, il faut parfois ne pas chercher midi à 14h ; si j'ai suivi, il retourne en sa mère patrie : il suffit que quelqu'un l'y attende déjà.

Pascal a dit…

La chute de cet échange de textos est brillante. En même temps si tu te montres si forte avec le male, c'est d'une autre sorte de faille qu'il s'agit. La femme sans faille n'existe pas. Moi, c'est ça qui me fait peur.
Quand à Charlotte G. Je crois que je la trouve phénoménale aujourd'hui parce que je la trouvais déjà phénoménale ado. Bon courage dans ta "recherche".

-M- a dit…

Si je te comprends bien, Pascal, tu la cherches cette femme sans faille. C'est à moi de te souhaiter bon courage dans ta quête alors car moi, je ne cherche rien, sinon un petit bout de moi...

Pascal a dit…

Hehe, non, je ne cherche plus rien en fait. Ni femme, ni faille, ni rien.