mercredi 28 février 2007

La tentation de l'innoncence

Qui rougit est déjà coupable, la vraie innocence n'a honte de rien.
J-J Rousseau


J'ai revu hier soir, un garçon qui avait diverti mes mirettes six ans auparavant. Cette soirée fut riche en prises de consciences diverses et variées.
Mes cheveux sont secs, paraît-il, de plus je ne mesure pas 1m79 mais 1m81 mais j'en ai si honte que je mens, quand je parle, je crache sinon. Tout ça a peu d'importance, sinon celle de m'humaniser, comme il dit.

Mais la bribe de discussion qui vaut quelques lignes sur cet espace reste celle que nous avons abordée quant à la perte de l'innocence. Mon interlocuteur a mis une heure a trouvé le mot "innocence".

Nous parlions des relations amoureuses, de celles que nous avions vécues durant ces 6 ans et en quoi elles avaient déterminé nos convictions actuelles, nos idéaux.
Lui, se plaignait de ne plus jamais vivre ses émotions gratuitement désormais, d'être obligé de toujours tout calculer, il me disait avoir perdu un truc propre à la jeunesse, lié de près à la naïveté.
La candeur?
Oui, y a de ça, mais ce n'est pas le terme exact, c'est comme toi, tu as perdu ton hymen et tu ne le retrouveras jamais.
Mais moi je n'en veux plus! c'est symbolique tout ça, rien de plus.

Et j'ai énoncé ma théorie sur l'importance et la facilité de vivre la vie qu'on veut mener en s'offrant le plaisir d' y ajouter tous les qualificatifs qui nous plaisent.
Il a alors retrouvé son mot : l'innocence :c'est ça, j'ai perdu mon innocence, m'a t-il confié comme s'il m'annonçait avoir paumé ses clés de bagnole.

Cela m'a fait réfléchir et m'a permis d'apprendre qu'ô non, je ne l'avais point perdue dame innoncence loin de là et que sans elle, je ne ferais plus grand chose car j'ai cette faculté à toujours croire, en moi, aux autres, gratuitement.
C'est un peu ça l'innocence.
Elle est certes teintée de cynisme à présent mais ça lui donne encore plus de poids justement.

En revanche, ce que j'ai perdu et que tout adulte perd, c'est l'émerveillement constant face au monde : le monde de l'enfance est celui de la page blanche et pour être colorié on (l'enfant-page blanche) a envie de semer le moindre détail matériel ou naturel et s'en habiller pour mieux s'en habiter.

Je me souviens encore m'extasier devant les pinceaux de maquillage de ma mère, rester des heures et des heures en train de contempler un hologramme en me demandant comment tant de magie était possible, de me demander en regardant la TV comment tous ces bonshommes, ces paysages avaient réussi à rentrer dans ce boîtier si petit, de me surprendre à craindre de me doucher de peur que des morceaux de requin sortent de chaque trou du pommeau de douche pour se reconstituer après! Quand mon père m'apportait des vêtements d'usine lorsqu'il revenait de Troie, je rayonnais, j'étais une princesse, sa princesse.Quand on allait en famille au mac do Luxembourg le dimanche puis faire du poney au Luxembourg j'étais dans ma tour d'Argent à moi; je portais sur mes petites épaules tout le bonheur du monde.
Même ado, quand j'ai eu un téléphone dans ma chambre, je me disais : que pourrais-je avoir qui me rendrait plus heureuse?

Aujourd'hui, j'ai tout, mais qu'en est-il vraiment...?
Ce téléphone portable qui m'émerveillait en 1998? Ma dépendance : Toujours à l'affût de l'appartition de la lumière verte, annonciatrice d'un foutu SMS qui a remplacé l'attente effreinée devant le téléphone fixe, dans le simple but d' entendre la voix de son voisin de cours de français, ou de celui qui nous a couru après dans la rue et à qui on n'a eu guère de choix-parents obligent- que d'imposer un horaire d'appel : à 20h30, après le journal TV, ce sera parfait
Cet appart' acquis dés 19 ans? Une nécessité
Ma trentaine de paires de chaussures? Des sabots.
Mon armoire pleine à craquer? Un surplus de fringues
Cet ordinateur portable? Un outil qui a remplacé les lettres que je pouvais lire 50 fois, écrire des nuits entières, me délecter quant au choix du timbre le plus approprié à la situation...

Et ces garçons qui me fascinaient? Des garçons.

Quand le garçon sans innocence m'a quitté hier, il m'a demandé comme un service de la lui faire retrouver.
Et moi de lui répondre : Fais gaffe, j'en suis capable.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

T'en ferais deprimer plus d'une toi....
Cleo

-M- a dit…

Je te fais déprimer Cléo? Pourquoi donc???

Anonyme a dit…

Le côté nostalgie de l'enfance...
J'imagine qu'on ne devient pas par hasard professeur des écoles. =)
Cleo

Anonyme a dit…

On y est! Enfin un blog qui réfléchit, qui approfondit

Anonyme a dit…

J'aimerais bien que tu me présentes Anaïs, alors...

Hapax a dit…

Plus d'1m81 ??

Hapax a dit…

Et elle a un blog où l'on peut récupérer ses coordonnées... sauf si elle donne aussi dans les bottes à talon....

-M- a dit…

Hapax : Tu me déçois Ima-giner ;-) ...

Anaïs : Moi aussi

Hapax a dit…

Vient un moment où il faut savoir confronter la réalité, non ? ;-)