vendredi 13 avril 2007

A point, s'il-vous-plaît

Mon meilleur ami, il s'appelle Nima et je le vois une fois tous les 6 mois.
Cette bi annualité (merci Pascal)rend nos rencontres précieuses et les mots qu'ils m'adressent alors résonnent à mes oreilles comme paroles de rabbin.

Hier soir fut une de ces soirées bimensuelles.
Nous nous sommes vus.
J'aime bien Nima car c'est mon seul "vrai" pote hétéro, le seul qui soit un vrai bonhomme à l'ancienne en plus (dans mon entourage), à l'oriental en plus, débordant ainsi de sauce des plus piquantes.

Il m'a fait du bien en s'étonnant plus que jamais de me savoir seule, en m'affirmant que je n'avais pas suffisamment confiance en moi alors que je pourrais laver le cerveau de n'importe quel mec pour le faire se maquer avec moi. Que la copine d'Elie était un boudin et que j'aurais pu être à sa place si seulement je m'étais affairée à la tâche. (Mais je suis fainéante : tout vient à point qui sait attendre comme me l'aurait soufflé feu Bruno Masure)
Il a même précisé que seuls les mecs maqués m'étaient "inaccessibles" et encore si ceux-ci projetaient de mettre un polichinelle dans leur tiroir bon marché.

Il a donc conclu que si j'étais seule c'est parce que je le voulais.
Il n'a pas tort et je suis contente d'en arriver à écrire ceci.

J'aime bien quand lui me complimente, je sais que cela n'est pas fourvoiement et en le quittant, je me sens cette Ginger de Casino à laquelle Michaël me comparait.

Pourtant, cette confiance se mue très vite en robe fluide : je ne crois alors plus qu'à l'étiquette visible (le bon vieux pragmatisme façon je ne crois que ce que je vois) et en oublie mes capacités autres dont" le plus grand sens de la dérision", dixit hier Nima, je me trouve juste pas mal.
Et ça énerve Matthieu quand je le lui dis, il me trouve alors prétentieuse et m'accuse, contrairement à Nima de déborder de confiance.

Je me dis alors qu'il nage dans la légèreté à autant s'énerver de si peu : l'apparence, pour moi, n'est pas une qualité, c'est au mieux une belle image qu'on est libre de surexposer ou non, d'entretenir ou de laisser flétrir, elle peut nous plaire si on décide de vivre avec sans le besoin de la comparaison à d'autres fleurs certainement plus chères mais peut-être un peu moins piquantes. Juste se trouver pas mal n'est pas être fan de soi.
En revanche, prétendre l'être est abbhération comme prétendre être tout autre qualificatif puisque qu'on n'est rien, on hait ou on aime, on croit ou on doute, on palpe ou on effleure... des bribes de notre carcasse, rien de plus.

La superficialité de Matthieu me déçoit donc puisque, plaçant la beauté au-dessus de tout, il se damnera pour quiconque répondant à ses critères à lui et jugera qu'il suffit d'aimer ce ça que je ne saurais voir pour aimer ce moi que je voudrais bien voir.

Bien présenter (jargon beaufo-professionnel), cela suffit pour être d'hôtesse d'accueil chez Charlestown, peut-être ce poste revêt-il en lui même toute la condescendance du monde (pour certains)...?

Alors, merci la relativité.

Si je peux avoir n'importe quel mec, comment se fait-ce (fesse) alors que seuls les sur-maqués aient envie de moi, et encore juste pour une petite cartouche de derrière les fagots?!
Comment se fait-ce aussi que je n'aie pas spécialement envie d'en rencontrer même si je rêve qu'on me prépare mon bifteck, le soir, pendant que je corrige mes copies?

Peut-être que Nima a raison, peut-être que je suis difficile.
Cela signifierait que la confiance je l'ai attrapé bien plus facilement que la queue du Mickey...

Je pars à Lyon ce week-end.

6 commentaires:

Staner a dit…

Pas de chaussure aujourd'hui...

La beauté est parfois un handicap, car elle pose un intermédiaire, un voile, un mirage sur l'être.
(C'est pour ça qu'un blog peut être un avantage, car sans incarnation physique)

Mais pas de beauté est parfois une souffrance. Une souffrance telle que être admis chez Charlestown devient la reconnaissance d'une normalité sociale.

Etre sans paraitre est impossible, mais transcender son paraitre doit être un objectif de vérité envers soi même et les autres.

Mais bon je dis ça parceque je suis un être moral, sinon, tu penses bien ...

-M- a dit…

Dans mon post, il n'est même pas question de beauté mais d'acceptatation carapacière de soi-même. Mon image physique ne me dégoûte pas, je m'y suis faite, ça ne va pas chercher plus loin. Tout le reste est tralala.
En ce qui me concerne tout objectif relevant de la beauté n'en est point un.
Peut-être suis-je alors plus "morale" que toi ;-)...

speechless a dit…

juste, découverte par un chemin détourné (plus que), l'impression de tomber sur une copine.
donc je le dis.
c'est tout.

Joli Kiwi a dit…

A poil, s'il vous plaît... (Je suis désolé, j'ai essayé de m'en empêché, mais c'était au-dessus de mes forces)

Pascal a dit…

Si je peux me permettre, si tu le vois tous les six mois, soit 2 fois par an, alors c'est une soirée biannuelle, pas bimensuelle. Ou alors je me gourre, c'est fort possible, le français n'est pas mon fort; j'espère que les mesures visant à faire en sorte que toutes les personnes de couleur fasse des tests de français afin de bien juger leur capacité à avoir la nationalité de ce beau pays ne soient pas rétroactives. Les mesures. J'aime bien faire des longues phrases sans ponctuation, des phrase qu'on ne peut qu'écrire, pas dire sans risquer l'asphyxie.
Bien sur que si tu es seule c'est que tu le veux. Et tu as raison d'être exigeante, difficile. Les pépites sont là, il faut avoir la patience de les chercher, de creuser, de les laisser venir. Les chercheurs d'or en savent quelque chose. Par contre avec tout ce que j'ai lu, il va en falloir une belle de pépite, pour t'accrocher. Va falloir qu'il soit malin.
J'ai mangé des st jacques ce week end, très très bonne. Si tu croises ma mère à Lyon passe lui le bonjour. Elle à une casquette reebok et des lunettes de soleil.

-M- a dit…

Pascal : Merci pour la correction. Moi qui ne cesse d'affirmer à mes élèves, quand je leur apprends le sens figuré que "ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire la grimace", encore une fois, me voici mise en brêle.
Moi aussi, j'aime les longues phrases asphyxiantes.
J'ai vu ta mère : on a parlé de pépites, elle m'a affirmé que tu étais la plus scintillante d'entre elles. Alors, quel enchantement d'avoir ton commentaire le lendemain...!