lundi 16 avril 2007

J'en ai vu passer des trains...

J'en ai marre des trains!
Ces derniers temps, presque à chaque fois que j'en adopte un, il m'arrive non pas quelque chose mais quelqu'un avec qui je rédige une parfaite introduction. (déformation professionnelle dûe à la rédaction actuelle de l'intro de mon mémoire, qui sera alors 'fin prêt)
Mais pas de suite : l'ère de la passivité créative annihile toute tentative de développement, ou mieux de conclusion.

Hier : train Lyon-Paris.
Je fais la queue au wagon-bar, curieuse de goûter à ces fameux sandwiches SNCF décriés par feu Renaud.
Derrière moi, dans la longue queue (hmm), vient s'insérer un charmant brun, aux faux airs de Mi et aux vrais airs de prince charbonneux. Je sens son regard sur ma nuque. Une première fois, il me tape sur l'épaule "Vous avez un très beau collier", et moi de lui répondre : "Je sais. La beauté, ça s'achète". Phrase idiotissime.
Il sourit.

Je ne souris pas, ne poursuis pas la conversation alors que face à lui, me venait juste cette pensée :
"Toi, t'as une pure tête".

Rompre le vouvoiement. Casser le langage faussement soutenu. J'en aurais eu envie.

Dans la file d'attente, il fait chaud, je suis triste; on s'est un peu quitté froidement Anais et moi, j'en ai presque les larmes aux yeux , j'ai failli raté mon train en plus : à une minute près, tel eût été le cas.
L'institutrice en dé construction.
Je ne cesse de m'essuyer le visage, troublé de quelques larmes mêlées de sueur.

Re tapage sur l'épaule :
"-Votre lacet est défait
-Ah oui, merci, mais j'ai la flemme de le refaire
-Ah...
-Je vais juste le rentrer dans ma chaussure, je suis fatiguée, j'ai failli rater mon train.
-Vous y êtes, c'est l'essentiel
!"

Non,l'essentiel est ailleurs : tu me regardes tendrement, mon collier te plaît autant que mon lacet défait et ma tristesse et j'ai l'honneur que tu me parles. Et oui, c'est un honneur, jeune-homme : tu es beau, tu as l'air seul.
Je n'y suis pas (dans le train). On y est. Ensemble. Dans ce train : c'est pas mal romantique. On pourrait s'asseoir ensemble et se raconter un peu de nous.. Deux heures devant nous, plus si nous nous méritons...
Je referai même mon lacet si tu me le redemandes.


C'est ce que j'aurais souhaité répondre si je savais seulement me faire plaisir et accepter, parfois, l'idée qu'on puisse vouloir voyager près de moi, avec moi, même.

Mais, une fois mon panier rempli, je me suis juste retournée pour dire à mon apparition-disparition :

"Merci pour le lacet. Bon voyage."

Il ne m'aurait pas plu, j'aurai pétassé avec lui, je lui aurais parlé d'Anais, qui, en prenant la mouche pour une histoire de contre-jour, m'a fait du mal, de lui, que je n'aime plus quand je ne le vois pas au quotidien, de mon désir nouvellement assumé de côtoyer quelqu'un et non plus quelques unes, de ma nostalgie de l'enfance, de mon adolescence à rallonge, de mon grand lit parfois à moitié-vide, parfois à moitié-plein, de mon image biaisée, de mon blog peut-être.

Mais, rien.

Que des hommes mariés, désireux d'essayer leurs nouvelles cartouches.

13 commentaires:

Joli Kiwi a dit…

ou pas...

-M- a dit…

"ou pas..." quoi donc?

Pascal a dit…

Pétassé avec lui, c'est à dire que tu aurais allumé quelque chose en lui, pour pouvoir par la suite dire en ton for intérieur "tu ne m'as jamais plu, tu ne me plais pas, et je suis plus forte que toi parce que toi tu me désires et pas moi." As tu presque peur que ce comportement soit utilisé à l'inverse avec toi ?
Il y a pire que les hommes mariés... Ceux qui ne le sont pas, et qu'on pourrait croire qu'ils vont se laisser alpaguer, mais non. Ils veulent rester célibataire et jouer avec le fusil, les cartouches, la sacoche et tout le reste.
Je crois que dans ton message précédent tu parlais d'apparence extérieure... Capitale dans cette histoire inachevée... Pauvre beaugosse qui double engage la conversation (exerice difficile...) et qui se prend un "la beauté ca s'achète" + un probable silence avant le "merci pour le lacet"... Pas d'autre choix que d'aller se rasseoir et regarder le paysage en se disant que vraiment les filles, c'est pas facile.

guigro a dit…

Putain j'en peux plus de ces pétasses françaises à faire tout un foin a propos d'un mec àet à circonvolutionniser du fion quand elles se font aborder. Une peu de naturel merde! Desserrez la ficelle du string!

-M- a dit…

"circonvolutionner du fion". Un titre intéressant pour un prochain post. Merci Guigro.

guigro a dit…

Merci! Mais sans déc vas y à la cool, je dirai même à la bas les couilles, tu peux arrêter la pluie ma grande!

guigro a dit…

et c'est circonvolutionniser ça pète plus.

-M- a dit…

Enchantée Guigro. Qui es-tu?

guigro a dit…

Je suis un jeune garçon de 23 ans et presque toutes es dents, j'ai viffurqué vers ton blog après avoir lu celui de sened après avoir lu celui de mon pote jereme moritz avec qui je jouais au rugby (in extenso je suis donc un gros intellectuel). Je suis désolé de la virulence de mon premier propos, je ne te conais pas mais mec, cool!!! stop la prise de tête, etc. Par ailleurs la lecture de ton blog est assez instructive.

Bises

Joli Kiwi a dit…

"Que des hommes mariés, désireux d'essayer leurs nouvelles cartouches."... Ou Pas...

samo a dit…

C'est dingue, je rencontre beaucoup (trop) de femmes comme toi... Ces femmes qui font le contraire de ce dont elles ont envie, celles qui disent non en pensant oui.
(Argh) Vous êtes terriblement énervantes. Pourquoi vous (nous) torturez vous de la sorte bon Dieu?!

ps: j'aime beaucoup l'image du lit à moitié plein ou à moitié vide :=) J'aurais aimé l'écrire

-M- a dit…

amo : Peut-être était-ce toi l'"inconnu" du train...

Samo a dit…

Ca aurait pu. Mais je ne suis pas brun. Mais peut-être que j'ai joué son rôle dans un autre contexte...